Amoureusement nous avons tracé les berges du REEL

Le REEL, voilà le nouveau nom de l'ENFER le masque nouveau de l'ADVERSAIRE

Se laver avant la nuit parole d'arpenteur A nous creuser bientôt nous pourrons voir le ciel à-travers

Et nous ne sommes que l'instant d'une membrane entre un inspire et un expire

Je laisserai mes vêtements de connaissance et mes armures logiques et mes masques taillés dans le bois de ma famille je laisserai elles collent à la peau mes richesses

Se faire élément du langage élémentaire Tempête aéroplane arraché du sol Icare du feu interne un mince filament de mémoire me retient à mes pompes

La clavicule claque au vent libéré de toutes mes peurs les articulations grincent comme les portes des granges fantômes sur leurs gongs Les mains veulent s'agripper comme des pieds qui veulent s'agripper aux herbes folles Les yeux gyroscopent De remparts châtaigners et des haies couperets labyrinthent mon glissement de terrain.

Le ver d'ether je fais des pets de vide absolu

Vers des techniques irrepérables L'artiste inaperçu l'oeuvre agissante parce que non encore nommée

Quand par l'arc tendu des fibres en fusion le ciel s'unira aux entrailles faisant entrailles le ciel et ciel les entrailles Idiote oreille tout au passage proche et délaissant les bruissements des plaines Tournant sur son axe à la faveur des signes

Entamée la mue requiert son don dans l'accouchement

Eclairer la solitude est le prix du retour D'ouvrir la cordée le visage se modèle à la brûlure des vents comme le verre s'évase et pour accueillir l'essence

Idiote oreille qu'habite la révélation en cours En cours le souvenir de la chose oubliée Cette nuit la plus silence où elle va se délester de notre boue

En route vers l'invivable immuable bien plus qu'immobile l'âme créant l'âme Le monde par elle va courber se transformer pour rayonner.

Vitesse hautes fréquence abrasif germinatoire Egaré? Chemin à-peine visible guère de place pour les bandits de grand chemin Leur marche entendue bien avant la nuit S'égarer? Le plus dur.

Un jour j'ai voulu ne pas voir survivre à la dissolution prochaine Sauver la détention Garder le rythme de la chutte dans les pas J'ai voulu ne pas voir comme mes mensonges travestissaient la nuit prometteuse en lumière à l'auré de notre incommensurable Union proprement guettante oeuvre toujours s'accomplissant de cette folie à-jamais guettante embrasure à-jamais embrasure

L'âme fendue de tant de solitudes rayonnantes et d'un aveuglant secret éparpillé à l'embrasure de l'oeil par où l'âme s'est fendue et tente de ramener à elle pour enfin se désaisir ses copeaux de solitude

Ne suis plus qu'embrasure Embrasure de la fissure du monde J'ai nourri ma faim J'ai nourri les forces obscures J'ai nourri l'obscure appétit L'inconnu familier de ma faim Pâture aux forces obscures!

Le guide à soi-même est bien qui s'avance dans l'inconnu familier de sa faim.